Influenceur

Être formé au métier d’influenceur

Être formé au métier d'influenceur -Capture d'écran de la vidéo La vérité de Emma Cakecup

Être formé au métier d’influenceur. Ce sujet est d’actualité, vous ne trouvez pas ? En tout cas, c’est la problématique que j’ai tiré de la vidéo « La vérité » d’Emma CakeCup.

Retour sur la vidéo de Emma Cakecup

1,5 millions de vues sur Youtube

La semaine dernière, je suis tombée un peu par hasard sur une des vidéos de la Youtube « Emma cakecup ». Vous trouverez la vidéo en cliquant ici. Dans cette vidéo intitulée « La vérité » publiée le 2 juin dernier, Emma CakeCup revient sur les polémiques et rumeurs à son sujet, concernant notamment des partenariats, parfois douteux, qu’elle a réalisés ces derniers mois. Cette vidéo aurait pu porter le titre : « Être formé au métier d’influenceur » car elle témoigne sa détresse quant au manque d’accompagnement dans le choix des partenariats qu’elle a pu réalisée.

Un phénomène de plus en plus fréquent

Emma n’est malheureusement pas la seule à s’être justifiée auprès de ces abonnés et à avoir filmé ce genre de vidéo « Mise au point » ces derniers mois. De très grandes influenceuses françaises comme Horia ont dû aussi mettre les points sur les i avec leur communauté. À chaque fois, le message est le même : elles se justifient sur la manière dont elles gagnent leur vie. Cela étant dit, lorsqu’on lit entre les lignes, on s’aperçoit finalement, qu’être formé au métier d’influenceur ne se fait pas en un claquement de doigt

Est-on formé au métier d'influenceur ?

En 2018, un nouveau métier est apparu, celui d’influenceur. Des millions d’utilisateurs qui partageaient innocemment leur vie avec leur communauté sur les réseaux sociaux, ont endossés –presque du jour au lendemain- la casquette d’influenceur. Le problème, c’est que ces utilisateurs, exerçant pour la plupart un métier totalement différent dans la « vraie vie », ont suivi aucune formation liée à la communication, au community management, aux négociations commerciales ou encore aux questions juridiques. Je ne parle même pas de l’accompagnement psychologique, à mon sens indispensable, pour exercer ce métier à une certaine échelle. Et c’est là tout le problème : on a créé un nouveau métier sans  avoir créé la formation qui va avec !

Être formé au métier d'influenceur : la communication

Être formé au métier d’influenceur, c’est avant tout apprendre la communication.

Apprendre à tourner sa langue 7 fois avant de parler

Être influenceur, c’est en fait créer du contenu et le partager à sa communauté. Ce contenu peut être travaillé ou plus spontané. En France, on prône la liberté d’expression –tant qu’elle ne nuit pas à autrui bien sûr- du coup si vous souhaitez vous prendre en photo dans une situation dégradante, c’est votre droit. En revanche, lorsqu’on est influenceur et que chaque publication est lue par des milliers de personnes, on doit être conscient que le moindre mot déplacé fera polémique. On se souvient tous de l’acharnement médiatique dont a été victime Emma Cakecup sur twitter concernant son facteur.

Souriez, vous êtes enregistrés !

L’enjeu est d’autant plus grand qu’aujourd’hui, la moindre publication sur internet est enregistrée, archivée et peut ressortir à tout moment. On se souvient aussi de la polémique suscitée par Mennel dans l’émission The Voice. Être influenceur c’est être conscient que certaines publications resteront gravées dans le marbre à vie. Il faut donc, avant de publier, réfléchir aux éventuelles conséquences que cela pourrait avoir sur les autres, comme sur soi, au cours des prochains jours/mois/années. N’essayez pas d’imiter quelqu’un en publiant un contenu qui ne vous ressemble pas. Soyez toujours en phase avec vos valeurs. C’est en effet de cette manière que vous serez fier sur le long terme.

Être formé au métier d'influenceur, c'est apprendre à devenir un personnage public

Être formé au métier d’influenceur, c’est apprendre à gérer la célébrité et à faire de la politique

Surexposition médiatique : peut-on vraiment s'y préparer

La médiatisation d’un influenceur n’arrive pas du jour au lendemain. C’est souvent un travail de plusieurs mois –pour les plus « chanceux »- voire de plusieurs années pour d’autres. Sa vie change alors complètement. Ce n’est pas évident sur le plan psychologique, d’être reconnu dans la rue, d’être pris en photo à son insu, etc. Noholita, dans un podcast très intéressant de « Julia donne le ton » (ici) parlait justement de cette problématique vie privée/vie publique en expliquant qu’elle ne peut plus parler de problèmes personnels avec ses amis lorsqu’elle est au restaurant.

Le prix à payer : se justifier et être 100% redevable

On voit beaucoup d’influenceuses s’excuser parce qu’elles ont publié qu’une dizaine de stories sur Instagram au lieu des 25 habituelles. On voit aussi des Youtubeuses éclater en sanglots face caméra expliquant qu’elles ont fait un burn-out. Ces phénomènes  ne sont malheureusement plus des cas isolés. Être influenceur c’est en effet gagner sa vie grâce à des personnes qui s’abonnent, lisent, aiment et commentent nos publications. Parce qu’ils gagnent leur vie de la sorte, ils se sentent constamment obligés de se justifier auprès de leur communauté lorsqu’ils sont un peu moins actifs ou lorsqu’ils font quelque chose qui ne leur plait pas. C’est parfois difficile de mettre des limites. Certaines personnes exigeront de vous qu’elles sachent toute votre vie privée et iront jusqu’à vous insulter si elles n’obtiennent pas ce qu’elles veulent. Comment savoir où placer le curseur ?

Critiques, harcèlement, "haters" et burn-out : savoir dire STOP

Être influenceur c’est devenir, à plus ou moins grande échelle, un personnage public. Les principaux inconvénients de ce métier, sont les critiques et la haine auxquels les créateurs de contenus sont confrontés. Encore une fois, aucun accompagnement des influenceurs n’est fait à ce niveau-là. Or, de la même manière qu’on apprend la relation client en entreprise, on devrait apprendre la gestion des critiques. Comment se comporter avec les internautes ?

Répondre aux critiques ? Les ignorer ? Au risque de vous décevoir il n’existe pas de réponse universelle à cette question. Certains influenceurs vont réussir à se forger rapidement une carapace tandis que d’autres, continueront à se sentir touchés et blessés par la critique. L’important dans ce genre de situation est, de ne pas réagir à chaud. Faire cela, ce serait en effet prendre le risque de tenir des propos que l’on risque de regretter quelques minutes/heures plus tard. C’est aussi prendre le risque de voir ses dires être relayés et déformés par la communauté. On se souvient tous du « casse-toi pauvre con » de Nicolas Sarkozy… Certains influenceurs conseillent d’ignorer les « haters ». L’essentiel c’est de faire comme bon vous semble. A défaut de répondre, vous pouvez aussi décider de bloquer certains utilisateurs sur les réseaux sociaux.

Que faire des critiques lorsqu’elles se transforment en harcèlement ? Juridiquement, sachez que le harcèlement moral est un délit puni jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende. Il ne faut surtout pas banaliser le harcèlement. En cas de harcèlement sur les réseaux sociaux, vous pouvez immédiatement porter plainte auprès de la police. Dans le cas où l’auteur des faits serait inconnu, vous pouvez déposer une plainte contre X.

Être formé au métier d'influenceur, c'est apprendre à gérer les partenariats

Être formé au métier d’influenceur, c’est apprendre les bases du commerce et du marketing

Résister au chant des sirènes

Lorsqu’on devient créateur de contenus, les marques commencent à nous approcher pour nous présenter des produits, dans le but que nous en parlions ensuite à notre communauté. C’est le principe même du marketing d’influence : profiter de l’audience de certains influenceurs pour faire de la publicité. Cela coûte aux marques beaucoup moins cher qu’un encart publicitaire dans les journaux ou à la télé. C’est aussi beaucoup plus efficace.

Le souci c’est que de nombreux influenceurs sont inondés par le démarchage commercial. Certaines marques vont même jusqu’à les prendre pour des panneaux publicitaires en les obligeant à publier un contenu particulier sans aucune marge de manœuvre. En tant que nouvel influenceur, c’est difficile de résister à toutes ces marques qui veulent nous envoyer leurs produits. On est tout d’abord flatté d’être considéré par certaines marques et on a l’impression d’enfin peser dans le Game des influenceuses reconnues. Le problème c’est que vous risquez de perdre des abonnés si vous tombez dans la spirale infernale de la création de contenus uniquement sponsorisés. Les utilisateurs d’Instagram deviennent de plus en plus allergiques aux publications sponsorisées. Malgré tout, il faut bien que vous gagnez votre vie et les partenariats font parties intégrante de votre rémunération. Comment faire pour résoudre cette équation ?

Faire le tri parmi tous les partenariats

Ma solution est de se poser un certain nombre de questions à chaque fois qu’une marque vous contactera. Voici une liste de question que vous pourriez-vous poser :

  • La marque intéresse-t-elle ma communauté ? (question liée au ciblage)
  • Ce partenariat est-il en accord avec mes valeurs et mes goûts ? (question liée au positionnement)
  • Est-ce que j’ai le temps de m’occuper de ce partenariat (au vu de la charge de travail demandée)
  • Est-ce la marque/entreprise est sérieuse ? (question liée au juridique)

Être 100% en adéquation avec la marque avec laquelle on travaille est le seul moyen de recevoir des retours positifs de la part de ses abonnés.

Renseignez-vous par ailleurs auprès d’autres influenceurs ayant déjà réalisés des campagnes pour telle ou telle marque. Ne vous engagez jamais à travailler avec une marque qui n’est pas totalement transparente avec vous. Si vos abonnés se plaignent de la marque, vous allez en effet y être associée car vous en aurez fait la communication. C’est toute votre crédibilité et votre image qui risque d’en pâtir… et on sait que la confiance d’une communauté est le plus important pour un influenceur.

Savoir négocier pour ne pas finir comme David contre Goliath

Pour mener à bien des partenariats avec des marques, il faut savoir bien négocier : quand débutera le partenariat ? En quoi consiste-t-il ? Quelles sont mes obligations ? Etc. Tout doit être clairement noté dans un contrat.

Mais là est toute la difficulté. Il est parfois difficile de caractériser le contrat en question : contrat de mannequin ? Prestation de service ? Parfois certains influenceurs collaborent avec certaines marques sans avoir établi de contrat et viens le jour où la marque disparait du jour au lendemain, sans avoir rémunéré l’influenceur pour le travail effectué. Aucun recours n’est alors possible… On peut vite se faire avoir dans ce métier ! Les influenceurs sont de plus en plus en jeunes et négocier intelligemment un contrat à 15 ou 18 ans, peut vite devenir compliqué. Nous nous devons de les manager et de les encadrer.

Être formé au métier d'influenceur pour ne pas se perdre dans le flou juridique

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Un métier non encadré...

Le droit du travail n’a presque pas légiféré sur ce nouveau métier. Il demeure donc aujourd’hui très peu encadré. C’est pourquoi de nombreux influenceurs se font de plus en plus accompagnés par des agences. Lorsqu’on décide de devenir influenceur à temps plein, on est souvent perdu quant à la casquette qu’il faut endosser : devenir auto-entrepreneur ? Créer sa société ?

...Mais des règles à respecter

Être influenceur, même à la plus petite des échelles, impose le respect d’un certain nombre de règles. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas 1 million d’abonnés qu’on peut faire ce que l’on veut de son compte Instagram et de sa communauté. Des règles sont à respecter, notamment quant à la diffusion de publicité. Les influenceurs se doivent d’être conseillés sur ce qu’ils ont le droit de faire et, à contrario, sur ce qui est interdit.

La question des enfants : le vide juridique

Le plus grand vide juridique repose sur la question des enfants d’influenceurs. De nombreux influenceurs exposent leurs enfants sur les réseaux sociaux ou créent des partenariats avec des marques dont leurs enfants vont faire la promotion. Qu’en est-il du droit à l’image et du travail des enfants ? Le débat est grand ouvert puisque les juges n’ont toujours pas légiféré sur ces questions.

Et vous, pensez-vous que le métier d’influenceur doit s’apprendre ? Si oui, estimez-vous avoir tous les outils à votre disposition pour vous former ?

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